Histoire du domaine
Un héritage familial unique en Suisse.
Un patrimoine historique datant du XIIIème siècle
Un Château médiéval du XIIIe siècle
La première mention d’une paroisse de Willerens remonte à 1228, sa terre appartenait à la baronnie de Cossonay. En 1308, Pierre de Duin obtient de la dame de Cossonay l’autorisation de construire une maison forte avec un bourg et devient le premier seigneur de l’endroit. C’était une imposante forteresse féodale, possédant deux enceintes dont l’une était partiellement crénelée et dominée par une énorme tour carrée à mâchicoulis. Grâce à un parcellaire de 1685, on sait que le château médiéval était entouré d’une double muraille crénelée et possédait un jardin et un verger. Si l’on en croit cet ancien plan, le bâtiment comportait des corps de logis à trois étages, reliés par une demi-douzaine de tours dont une particulièrement imposante.
Guillaume de Colombier en devient propriétaire suite à son mariage avec Guillermette de Duin et leurs descendants possèderont la terre jusqu’à extinction de leur famille au XVIe siècle.

En 1421, Vullierens devient seigneurie de banneret, dépendant du bailliage de Vaud et revient à Henri de Colombier, seigneur de Vufflens. Par les aléas des mariages et des héritages, Vullierens est successivement propriété des de Colombier, puis des Allinges jusqu’en 1665 lorsqu’un arrêt souverain adjuge Vullierens au noble Henri de Mestral. Sans descendance, Henri de Mestral légua la seigneurie à son neveu Gabriel-Henri de Mestral (1670-1753). C’est ce dernier qui entreprit la démolition du château médiéval et la reconstruction d’une nouvelle demeure de 1706 à 1712. Depuis, le château est resté dans les mains de la famille de Mestral et de ses descendants directs, la famille Bovet.
Un Château à la française du XVIIe siècle

Quand Gabriel-Henri de Mestral hérite de la seigneurie, le château médiéval est en mauvais état. Il entreprend de le faire démolir pour reconstruire, sur ses ruines, une résidence au goût de son époque, avec de nombreuses dépendances dont une orangerie.
À la fin du XVIIᵉ siècle, la construction à L’Isle d’un « petit Versailles » fait grand bruit dans la région. En effet, en 1694, Charles de Chandieu (1658-1728), officier au service de France, et son épouse Catherine Gaudicher d’Aversé (1671-1761) entreprennent la construction d’un nouveau château dans leur seigneurie de L’Isle. Le couple décide de faire appel à l’agence de Jules Hardouin-Mansart, premier architecte de Louis XIV et auteur, entre autres, du dôme des Invalides et de l’actuelle place Vendôme à Paris, de la galerie des Glaces, de la chapelle royale et des écuries à Versailles. Dès le début des travaux en 1695, Catherine de Chandieu est chargée de gérer le chantier. Elle est appuyée par l’architecte neuchâtelois Antoine Favre. Ce binôme est complété par Charles qui, depuis la France, finance le projet. Achevé en 1697, le château de L’Isle est un jalon essentiel dans la diffusion du classicisme à la française en Suisse romande.
Né à Pampigny en 1670 et compagnon du Major Davel, Gabriel-Henri de Mestral commande vers 1706 à ce même architecte des plans pour transformer sa demeure de Vullierens. Il souhaite toutefois conserver certains éléments de son château féodal : trois tours (dont une détruite au siècle dernier par un propriétaire car elle cachait la vue sur le Mont-Blanc), une partie des remparts qui supportent l’actuelle terrasse, ainsi que les communs. Le reste est démoli et les pierres sont réutilisées pour la nouvelle construction, mise sous toit en 1712.
Une architecture classique et maîtrisée
Le Château de Vullierens est d’une qualité architecturale incontestable et typique du classicisme français. Son architecture sobre, parfaitement maîtrisée, et son jardin à la française le placent parmi les plus remarquables du canton de Vaud. Depuis sa construction, aucune modification extérieure n’a été effectuée. Érigé sur une éminence, il domine le paysage et offre une vue exceptionnelle sur le lac Léman et les Alpes.
Le château se compose d’un corps de logis principal flanqué de deux ailes alignées. La façade principale, orientée sud-est, comporte deux niveaux et neuf travées. L’avant-corps central, sur trois travées, est surmonté d’un fronton triangulaire orné des armes de Mestral. Des chaînes d’angle à refends délimitent la façade rythmés par de grandes baies séparées par des cordons sobrement moulurés. La façade sur cour reprend ce schéma, avec un avant-corps plus réduit. La cour d’honneur est fermée par une grille et un portail monumental surmonté des armoiries familiales. La toiture imposante est à quatre pans à coyaux.
Un domaine harmonieux
Le nombre de dépendances est remarquable. Leur traitement architectural homogène forme un ensemble harmonieux: les ailes du château, les bâtiments ruraux, l’orangerie reconstruite vers 1770-1780, et les jardins à la française redessinés et réaménagés, symboles de prestige aussi importants que le château lui-même.
Un patrimoine intact et rare
Par le jeu des successions, le Château de Vullierens est probablement le seul monument de cette époque qui possède encore toutes ses tapisseries, son mobilier d’époque et même l’ordonnance des pièces inchangée depuis sa construction. En effet, Gabriel-Henri de Mestral coucha par testament l’ordre de ne pas partager le mobilier. C’est donc là un des rares témoins authentiques des demeures seigneuriales du XVIIIe siècle.
Achevé en 1745, le château est depuis toujours habité par les descendants de la famille de Mestral. C’est pourquoi il n’est pas ouvert au public, préservant son authenticité et son caractère unique.

Des instruments modernes de conservation du patrimoine
Ce patrimoine historique et privé ne reçoit aucune subvention. Sa pérennité repose sur trois sources de revenus essentielles, vouées à la conservation du domaine et à la réduction du déficit d’exploitation.
Les Jardins du Château de Vullierens ont été ouverts pour la première fois au public en 1955 par la visionnaire Doreen Bovet, passionnée d’iris. Elle y plante des variétés uniques et modernes et initie les premières Floralies, événement destiné à subventionner l’entretien du patrimoine. Depuis, les Jardins n’ont cessé d’évoluer. Un programme majeur de modernisation et d’extension a été lancé en 2008, avec l’introduction de nouveaux espaces, de nombreuses autres variétés florales et le développement de la collection de sculptures contemporaines. Aujourd’hui, ils constituent une destination incontournable en Suisse et au-delà, où nature, art et patrimoine se rencontrent et accueillent chaque saison des milliers de visiteurs.
La seconde source de revenus provient de la vente des vins du domaine et des activités œnotouristiques. L’ancien vignoble, situé au sud du Château, a été étendu et replanté. Depuis 2024, il est labellisé Demeter, symbole d’une viticulture biodynamique respectueuse de la biodiversité. Les vins reflètent l’histoire viticole du domaine et son engagement pour une agriculture durable.
L’ancienne ferme du Château, construite au XVIᵉ siècle, a été entièrement restaurée en un lieu événementiel d’exception. Inaugurée en 1998 sous le nom de Portes des Iris, ce lieu prestigieux accueille des mariages, réceptions privées, séminaires et événements d’entreprise dans un cadre unique. Ses terrasses, ses jardins et ses infrastructures modernes en font un pôle incontournable de l’activité économique du domaine.