Une nouvelle saison haute en couleurs et en art : deux artistes investissent la galerie du Château de Vullierens du 1er mai au 30 octobre 2022.

Jean Mauboulès, sculpteur français

Le travail de Jean Mauboulès se compose de sculptures, de collages de verre et d’objets muraux. Ses matières de prédilection sont l’acier et le verre. Les formes simples, sobres et transparentes sont le fil conducteur de son travail depuis toujours. Convaincu que l’esthétisme est la force de chaque objet d’art, il invite le visiteur à une réflexion intellectuelle ou militante.

Christoph Vögele, ancien Directeur du Musée d’Art Contemporain de Soleure, explique que pour Mauboulès, les questions d’espace ont toujours été centrales d’où son orientation vers la ligne et le dessin. Le caractère du dessin est à la base de beaucoup de ses groupes d’œuvres. Tant ses sculptures, ses bas-reliefs que ses travaux sur papier les plus divers peuvent être considérés comme des dessins. Le spectateur est invité à découvrir des changements étonnants passant de deux à trois dimensions et inversement. Une confusion s’installe alors sur le poids et la taille: les petites choses sont monumentales, les grandes sont souples et fines. La magie créée par Jean Mauboulès crée avec des moyens simples est toujours transparente. La transparence n’est pas seulement un moyen stylistique, par exemple dans ses travaux sur papier en couches, mais une signature. Jean Mauboulès fait le pari qu’avec une densification croissante, il en résulte une complexité dans la simplicité, qui fascine et qui déroute pour nous montrer le chemin vers une vision continue et pure. Un tel ralentissement permet un effet presque méditatif, encore renforcé par des moments de mouvement dans son travail.

Pierre Gattoni, peintre suisse

Pierre Gattoni est un peintre radical. Son moteur n’est pas « le message » à transmettre à son spectateur. Il ne croit pas à cette notion quelque peu romantique de « l’inspiration », la notion de « style » ne l’intéresse pas. Il dit même ne pas avoir d’intention dans son travail. Alors quoi?
Pierre Gattoni nie toute connotation symbolique (exit le romantisme) et dit ne pas s’intéresser aux contrastes (exit le clair-obscur). Il cherche une rencontre plus fine, plus nuancée entre les couleurs (exit les mises en tension de formes et de couleurs), il tente de supprimer les contrastes pour rendre la couleur plus lumineuse.
Dans les tableaux les plus récents, l’artiste introduit quelques courbes et autres irrégularités dans la forme des toiles. S’il s’arrête peu à ces nouvelles formes, il n’en est pas moins vrai que maintenant, les glissements d’une couleur à l’autre agissent différemment selon la position – plutôt verticale ou plutôt horizontale – qu’une même toile peut prendre lors de son accrochage au mur.
Galerie le Chat Perché