Il fait partie de la génération d’artistes formés à l’Escuela Nacional de Bellas Artes « San Alejandro » de La Havane, aux côtés de Mario Carreño, Amelia Peláez, Victor Manuel et Fidelio Ponce. Son mentor, José Sicre, ancien élève d’Antoine Bourdelle, a profondément influencé son approche artistique. Dans les années 1940 et 1950, Carbonell développe un style classique et religieux, réalisant des bas-reliefs à thèmes bibliques et des statues de la Vierge.
En 1954, il remporte le prix de la Biennale Hispano-Américaine des Arts à Barcelone avec son œuvre Fin de una raza, aujourd’hui exposée au Musée national des beaux-arts de Cuba. En 1959, après la révolution cubaine, il s’exile à New York, puis à Miami, où il devient une figure majeure de la sculpture moderne. Ses œuvres monumentales, telles que The Pilar of History à Miami, témoignent de son engagement envers la mémoire et l’identité culturelle. En 1976, il présente sa sculpture The Bicentennial Eagle à la Maison-Blanche, un symbole de liberté offert aux États-Unis pour célébrer le bicentenaire de l’indépendance américaine. L’année suivante, il crée la Madonna of Fatima, une statue en bronze de 8 mètres de haut, l’une des plus imposantes œuvres de bronze coulées en Amérique au XXe siècle.
Mannuel Carbonell s’inspire de l’art classique européen (Renaissance, Bourdelle), de l’art religieux et des traditions cubaines, mêlant influences classiques et latino-américaines pour créer des œuvres à la fois poétiques et dynamiques. Ses sculptures ont un style unique et incomparable, d’une technique redoutable et immédiatement identifiable. Ses œuvres sont à la fois dépouillées, modernes, poétiques et sensuelles. Et sont aujourd’hui dispersées entre collections privées, musées et espaces publics.



